Le Géranium, sur la route de L’Orient

   06/16/2020     Le parfum
Le Géranium, sur la route de L’Orient

Peut être éprouverez-vous le même sentiment que nous à propos du géranium, ce « roi du printemps et de l’été » que l’on voit orner un nombre immense de balcons, comme étant une fleur que nous avons toujours eu l’impression de connaître. Et pourtant si elle se balade à la belle saison, des jardins de la Méditerranée jusqu’aux balcons des chalets de montagnes, avez-vous le souvenir de l’avoir vu dans son environnement naturel. Pour en avoir le cœur net, il faut prendre un peu de recul, quelque siècles même pour être exact, remonter aux périodes des grandes découvertes géographiques, par delà les océans et les périples maritimes d’un autre temps.

Partir à la conquête de l’Orient relevait au 17ème siècle de la véritable aventure humaine. Il était rare les expéditions qui ne partaient pas sans son lot de scientifiques. Embarqués pour de très longs mois, de longues années mêmes, botanistes et autres naturalistes profitaient de chaque escale pour étudier faune et flore locales. C’est sur la route des Indes, du Grand Orient, que Geranium Africanum fut découverte dans la colonie Hollandaise du Cap (Afrique du Sud). Oui, l’origine du géranium est beaucoup plus lointaine que ce que nous pourrions imaginer, pour cette fleur qui nous semble vraiment si commune. On notera ses premières cultures en Europe dans le premier quart du 17ème siècle, elle fera le bonheur et suscitera l’intérêt de nombreux botanistes tout au long de cette période. Nous pouvons évoquer le jardinier collectionneur français René Morin qui la cultivait dans son jardin du faubourg Saint-Germain… quand Paris n’était encore qu’une « petite ville », cernée par la campagne !


Concernant les caractéristiques du géranium pertinentes pour l’industrie olfactive. C’est un autre jardinier du 17ème, un anglais client de René Morin, qui mentionnera qu’un parfum suave et musqué se dégageait principalement la nuit. Pour les botanistes, les grosses racines tubéreuses du géranium étaient efficaces contre la dysenterie, idéal pour résister aux (très) longs voyages de l’époque. Dans la région de Grasse, la culture du géranium fera son apparition au 19ème siècle, car il est un élément idéal pour les nombreux produits parfumés, savons, parfums autour de la rose. On y associe l’huile de Géranium. La rondeur, la fraicheur, la floralité de son odeur est depuis longtemps synonyme d’association olfactive, car essentielle pour produire les notes fougères, mais aussi pour épouser les parfums chyprées ou boisées. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, le « géranium » intègre les formules de nombreux parfums masculins.


Avec tous ces éléments que nous venons d’évoquer ensemble, seriez-vous capables de trouver dans laquelle de nos senteurs La Promenade, se cache le géranium ? Accompagne t-il notre parfum « Dans les roses d’Orient », apporte t-il sa rondeur, sa douceur aux " Iles Vanilles "  ? Non, il se dissimule au cœur de la senteur « Dans un jardin de Grasse » où il exprime toute sa floralité. Et si cette bougie La Promenade était la préférée de nos papas pour une fête qui leur sera bientôt consacrée ?